Ancre de bateau : comment bien la choisir pour son embarcation ?

Ancre de bateau : comment bien la choisir pour son embarcation ?

Si vous projetez de faire une sortie en mer avec une ou plusieurs escales au large, il ne faut pas oublier de vérifier la ligne de mouillage. C’est un système composé de divers éléments dont l’ancre du bateau. Cette dernière permet à l’embarcation de se stabiliser au-dessus de sa zone de mouillage. Pour qu’elle se montre vraiment efficace, il est conseillé de la choisir en fonction du type d’embarcation utilisé.

Pourquoi utiliser une ancre de bateau ?

Pourquoi utiliser une ancre de bateau ?

Il est possible que durant une sortie en mer, vous ayez envie de mouiller dans une crique ou que vous soyez obligé de vous arrêter en pleine mer à cause d’une panne sur le bateau. Dans les deux cas, vous devez vous maintenir stable pour que l’embarcation ne dérive pas. Pour ce faire, vous avez besoin d’une bonne ligne de mouillage dont une ancre performante.

L’ancre c’est l’élément qui va s’enfouir dans le fond marin pour maintenir le bateau en place et faire en sorte que les courants ne le malmènent pas trop. Son choix est crucial, car si elle n’a pas une bonne prise ou si elle est trop légère pour maintenir le bateau, elle ne servira à rien.

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Qu’en dit la loi ?

La loi stipule que tout navire doit disposer, à son bord, d’une ligne de mouillage appropriée. Cette dernière doit lui permettre de mouiller, d’être amarré ou d’être remorqué en toute sécurité. Seules les embarcations ayant un déplacement de 250 kg et dont la capacité d’accueil à bord est inférieure à cinq adultes en sont dispensées.

Malgré le caractère obligatoire de la ligne de mouillage, le texte reste assez vague puisqu’il indique seulement que la ligne doit être appropriée au bateau et à la zone de navigation. Un marin expérimenté pourra facilement trouver ces équipements appropriés, mais un marin du dimanche aura un peu de mal. Ce qui est certain c’est que l’expérimenté adoptera toujours un bon réflexe : celui d’avoir, au moins, deux dispositifs de mouillage à bord. L’un lui servira à mouiller dans une crique à fond sableux tandis que l’autre lui permettra de mouiller sur un fond rocheux.

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De quoi se compose une ligne de mouillage ?

De quoi se compose une ligne de mouillage ?

Une ligne de mouillage se compose de :

Un câblot ou cordage

Il doit être choisi en fonction du gabarit du bateau ainsi que du poids de l’ancre. Autant que possible, choisissez un cordage assez élastique pour qu’il puisse mieux résister à la rupture et à l’abrasion. Privilégiez le cordage en polyamide. Ceux en fibres naturelles et en fibres synthétiques mélangées sont à éviter.

Les premiers sont, certes, plus résistants à la chaleur par rapport aux seconds, mais ils ont tendance à pourrir au fur et à mesure qu’ils restent dans l’eau. Les organismes marins vont alors s’y attaquer et les fragiliser. Les seconds, quant à eux, ne sont adaptés que pour des usages particuliers lesquels seront déterminés par les caractéristiques de leurs matériaux de conception.

Pour bien choisir le cordage, il faut tenir compte de :

  • son élasticité
  • son allongement
  • sa résistance à la rupture
  • sa densité (flottabilité négative ou positive)
  • sa résistance à l’abrasion, aux chocs et aux efforts cycliques
  • sa durabilité.

Une chaîne

Généralement zingué à chaud ou en acier galvanisé, la chaîne marine doit être pourvue d’étai. Il s’agit d’un renfort placé au centre de chaque maille. Ce système évite aux mailles de se déformer sous l’effet de la traction. Sur un côté, l’étai est soudé à la maille tandis que de l’autre, il laisse un peu de jeu pour que la chaîne garde quand même une certaine élasticité.

Dans le cas où elle est utilisée avec un guindeau, elle doit être pourvue de maillons courts calibrés afin de passer par des roues dentées.

Les chaînes en inox sont à bannir, car une fois ce matériau tordu, il se casse facilement.

En général, la chaîne doit être de cinq fois la longueur du bateau.

Une ancre

L’ancre est un élément assez lourd qui va s’enfouir dans le fond marin pour maintenir le bateau en place. Son choix doit être bien étudié, car il existe différents types d’ancres, chacune adaptée à des contextes spécifiques.

Des systèmes de jonction spécifiques

Pour relier ces trois éléments principaux et donner naissance à ladite ligne de mouillage, des systèmes de jonction sont utilisés. On cite :

  • La manille relie l’ancre à la chaîne : sa taille doit être supérieure au diamètre de la chaîne. Il est possible de la surdimensionner, mais si vous utilisez un guindeau, elle risque de devenir un blocage pour remonter l’ancre.
  • La cosse et l’émerillon relient le câblot à la chaîne : le premier freine l’usure prématurée entre le point d’ancrage de la chaîne marine au câblot. Le second sert à éviter les torsions entre eux.

A part ces éléments, une ligne de mouillage peut également être équipée de marqueurs de chaîne, d’une protection d’étrave et d’un davier. Les marqueurs permettent de connaître la longueur de chaîne qui a déjà été déroulée dans l’eau. La protection d’étrave protège l’étrave des coups que l’ancre peut lui donner. Le davier évite les frottements de la coque et facilite grandement le mouillage.

Notez que la longueur de la ligne dépend de la longueur du bateau. Pour une embarcation de 10 m, on choisira une chaîne de 60 m et un cordage de 50 m. Le diamètre de la chaîne est aussi fonction de la taille du navire. Un diamètre de 8 mm suffit pour une embarcation de moins de 10 m, un diamètre de 10 mm pour un navire compris entre 10-12 m de long et un diamètre de 12 mm pour un bateau de plus de 12 m.

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Il faut également tenir compte du rapport entre la longueur de la ligne de mouillage et la distance entre le fond et le pont du bateau. Le rapport minimum conseillé est de 5 pour 1. Cela signifie si la hauteur de l’eau sous le bateau est de 8 m, la longueur totale du mouillage sera de 40 m (5×8) si on se réfère au rapport du 5 pour 1. Plus le rapport est élevé, plus la force de retenue sera forte. Si le rapport est inférieur à 5 pour 1, la force de retenue sera faible et l’ancre aura du mal à accrocher.

La règle à retenir c’est que pour mouiller par beau temps, la longueur de mouillage (cordage+chaîne) idéale est d’au moins trois fois la hauteur de l’eau. Par mauvais temps et donc mer agitée, on choisira une longueur de 10 fois la hauteur de l’eau. Dans tous les cas, plus le mouillage est long, plus la tension sur la ligne est faible. Cela permet à l’ancre de bien s’accrocher au fond.

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Comment choisir une ancre de bateau ?

Comment choisir une ancre de bateau ?

Comment on l’a annoncé plus haut, il existe différents types d’ancres marines. Apprenez à les distinguer pour faire le bon choix.

L’ancre plate

Plus efficace sur les fonds vaseux et sableux, l’ancre plate se compose d’une double plaque à l’arrière et de deux larges pelles plates articulées qui sont rattachées. Les pelles peuvent s’enfouir facilement dans le sable et offrir une bonne accroche. Ce modèle présente toutefois certaines limites.

Ses deux pointes ne crochent que rarement ensemble ce qui favorise un décrochement, surtout en cas de forte tension ou de courant. Lorsque l’ancre est décrochée, elle aura du mal à s’accrocher à nouveau. Elle est peu performante sur un fond rocheux ou recouvert d’algues.

L’ancre plate est conseillée pour les mouillages occasionnels. De préférence, la longueur de chaîne doit être de trois fois la hauteur de l’eau pour éviter les fortes tensions susceptibles de décrocher l’ancre.

L’ancre charrue

On l’appelle aussi ancre soc de charrue ou ancre delta. Ce modèle est assez polyvalent, car se montre performant quel que soit le type de fond (sableux, vaseux, rocheux ou à algues) au niveau duquel il est lâché. Il a aussi la capacité de se replanter facilement en cas de décrochage.

Idéalement, on l’utilisera avec une longueur de mouillage de six fois la hauteur de l’eau sous le bateau. Un mouillage long permet d’avoir un angle de tir plus faible. La force de retenue de l’ancre sera ainsi plus élevée.

L’ancre grappin

Elle est conçue pour les fonds recouverts d’algues et les fonds rocheux. Elle n’est pas du tout efficace sur un fond sableux ou vaseux, car elle besoin d’une certaine structure à laquelle s’accrocher. Cette nécessité devient un inconvénient dans certains cas, car elle peut facilement se coincer dans le corail, dans les rochers, dans la végétation …

C’est le modèle le plus abordable sur le marché. Il est surtout performant pour les petits bateaux et d’ailleurs, on en trouve dans des poids plus légers.

Sur un navire plus imposant, on s’en servira surtout comme de seconde ancre, à utiliser en renfort du premier.

L’ancre flottante

On la qualifie d’ancre, mais en réalité, il s’agit plus d’un dispositif de sécurité à utiliser en complément d’une vraie ancre. Elle permet de mieux stabiliser l’embarcation en cas de mouillage inconfortable ou de mauvais temps. La longueur de mouillage doit être de cinq fois la longueur du bateau.

L’ancre à pelle concave

Egalement polyvalente, l’ancre à pelle concave est très efficace quel que soit le fond marin. C’est le modèle le plus onéreux sur le marché, car c’est le plus performant. Grâce à sa pointe fortement lestée (environ 50 % de son poids total), elle s’accroche facilement au fond. Un décrochage est donc rare et même si cela survient, elle se replante facilement dans le fond.

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Quel poids d’ancre choisir pour son bateau ?

Pour que le bateau soit bien maintenu en place quelle que soit la force du courant, il est important de bien choisir le poids de l’ancre. Voici ce que disent les chiffres.

  • Pour un petit bateau de type kayak ou annexe avec un déplacement de moins de 250 kg, l’ancre doit peser dans les 2 kg. Le diamètre de la chaîne doit, quant à elle, être de 6 mm.
  • Pour un bateau long de 4 m tout au plus, avec un déplacement de 300 kg, le poids de l’ancre doit être de 3,5 kg et le diamètre de la chaîne de 6 mm.
  • Pour un bateau de 5,50 m avec un déplacement de 800 kg, le poids de l’ancre doit être de 6 kg et le diamètre de la chaîne de 6 mm.
  • Pour un bateau de 6,50 m avec un déplacement de 1 000 kg, le poids de l’ancre doit être de 8 kg et le diamètre de chaîne compris entre 6-7 mm.
  • Pour un bateau de 7,50 m avec un déplacement de 2 000 kg, le poids de l’ancre doit être de 10 kg et le diamètre de chaîne de 8 mm.
  • Pour un bateau de 9 m avec un déplacement de 3 000 kg, le poids de l’ancre doit être de 12 kg et le diamètre de chaîne de 8 mm.
  • Pour un bateau de 10,50 m avec un déplacement de 4 500 kg, le poids de l’ancre doit être de 14 kg et le diamètre de chaîne de 10 mm.
  • Pour un bateau de 12,50 m avec un déplacement de 8 000 kg, le poids de l’ancre doit être de 16 kg et le diamètre de chaîne de 10 mm.

En gros, plus le bateau sera long, plus l’ancre sera lourde. Le poids de cette dernière peut monter jusqu’à plus de 60 kg pour les bateaux de plus de 25 m de long. Disposer d’au moins deux dispositifs d’ancrage est conseillé surtout si vous projetez de voguer sur les eaux internationales.

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