Plongée, la bonne combinaison pour se protéger du froid

Plongée, la bonne combinaison pour se protéger du froid

Alors que certains rangent soigneusement maillot de bain et combinaison de plongée en hiver, d’autres continuent de plonger durant cette saison malgré le froid. On pourrait se dire qu’ils sont totalement inconscients, mais rassurez-vous, ils savent ce qu’ils font et surtout, ils disposent du bon équipement – de la bonne combinaison – pour cela. Oui, le tout repose sur le choix des équipements et si vous voulez faire comme eux, voici les critères à retenir.

Peut-on plonger en hiver ?

La logique veut que lorsque la température chute, on reste bien au chaud à la maison. Pour les amateurs de plongée sous-marine, cette logique ne tient pas, car ils ont du mal à rester éloigné de l’eau pendant de longs mois. De plus, la plongée en hiver, voire la plongée sous glace est une belle occasion pour découvrir les fonds marins d’un œil nouveau.

Avant de sauter à l’eau, il faut toutefois retenir quelques informations qui peuvent vous être vitales.

  • Il faut éviter à tout prix que la température corporelle descende à moins de 35°C : en dessous de cette température, le corps entre en hypothermie. Si elle dure trop longtemps, elle peut nous être fatale.
  • Le corps se refroidit 20 fois plus vite dans l’eau que dans l’air.
  • Les extrémités du corps se refroidissent plus vite d’où l’intérêt de les protéger aussi.
  • Le corps réagit de différentes manières au froid, mais il y a des symptômes qui doivent vous alerter et vous pousser à sortir de l’eau rapidement au risque d’écourter la plongée. Il s’agit des tremblements et des engourdissements.

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Comment le corps se protège du froid ?

Comment le corps se protège du froid ?

Lorsqu’on a trop froid, le corps génère automatiquement des réactions de défense. Soit il se met à greloter, soit il génère une vasoconstriction.

  • Les tremblements :

Lorsque la température du corps continue de descendre, il enclenche, en mécanisme de défense, des tremblements. Grâce à ces mouvements vibratoires, les muscles dégagent de la chaleur et réchauffe un peu le corps.

Il faut en profiter pour sortir de l’eau au plus vite. Evitez de vous dire que puisque le corps produit déjà de la chaleur, vous allez pouvoir continuer la plongée. C’est une très mauvaise idée, car le stade du grelottement indique déjà que vous en êtes à un stade critique.

Le mieux à faire c’est de sortir de l’eau, de retirer les équipements de plongée, de se sécher, d’enfiler des vêtements chauds dont un bonnet et de boire une tasse de boisson chaude. Evitez aussi de vous exposer au vent marin, mais préférez l’habitacle plus chaud du bateau le temps que les tremblements cessent, que vous aurez repris un peu de couleur et que vous vous sentiez mieux.

  • La vasoconstriction :

Un autre mécanisme de défense est la vasoconstriction. Lorsque le froid s’immisce de plus en plus dans le corps, les vaisseaux sanguins des extrémités (mains et pieds) se resserrent pour protéger les centres vitaux à savoir le cœur et le cerveau. Voilà pourquoi on ressent des engourdissements au niveau des doigts.

Arrivé à ce stade, il faut également sortir de l’eau, car une fois engourdis, vous aurez du mal à bouger vos membres or vous en avez besoin pour avancer et sortir. De plus, si le froid continue de se propager, il arrivera quand même au niveau des centres vitaux et là, ce sera fatal.

La meilleure décision : sortir, se sécher et se réchauffer sur le bateau.

Comment protéger le corps du froid durant la plongée ?

Il faut porter les bons équipements à savoir :

  • La combinaison : c’est la principale arme pour se protéger du froid
  • Les gants et les chaussons : il est important de protéger les extrémités pour réduire la déperdition de chaleur qui se fait majoritairement au niveau des mains et des pieds
  • La cagoule : la tête est le principal point de perte de chaleur. Voilà pourquoi il faut porter une cagoule. Certains professionnels en portent même en plongeant dans des eaux chaudes pour ralentir le plus possible la propagation du froid et rester plus longtemps sous l’eau

Si le choix de la cagoule, des gants et des chaussons se font aisément, choisir la bonne combinaison peut s’avérer difficile.

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Comment trouver la combinaison de plongée contre le froid ?

Comment trouver la combinaison de plongée contre le froid ?

On trouve différents modèles de combinaisons de plongée sur le marché, mais comment savoir celle qu’il nous faut ? Il faut trancher en fonction de la saison, du lieu de plongée et de la température. Globalement, toutes les combinaisons de plongée sont fabriquées en néoprène, mais certaines peuvent être en toile. On distingue trois types principaux de combinaisons de plongée à savoir :

  • La combinaison humide ou isothermique : idéale pour plonger dans des eaux chaudes
  • La combinaison semi-étanche : idéale pour les eaux froides
  • La combinaison étanche : idéale pour les eaux froides à très froides

Les avantages des combinaisons en néoprène

Le néoprène a la capacité de limiter les infiltrations d’eau au sein de la combinaison ce qui va bien isoler le corps. Au premier contact avec l’eau, le néoprène va d’abord laisser s’infiltrer une mince couche d’eau. Cette pellicule d’eau va être « emprisonnée » entre la peau et le néoprène. Le corps va la réchauffer pour rester au chaud. Sa seule présence va permettre d’éviter d’autres infiltrations. Le plongeur restera donc au chaud à condition d’avoir choisi une combinaison bien à sa taille.

Différentes épaisseurs du néoprène

Le néoprène peut prendre différentes épaisseurs. Plus il est épais, plus il est isolant. Dans les eaux très froides, il faut donc privilégier les combinaisons dont l’épaisseur est d’au moins 7 mm.

Pour information, chaque combinaison est assemblée avec diverses épaisseurs selon la partie du corps. Ainsi, au niveau des centres vitaux (au niveau du torse et du dos), le tissu sera plus épais alors qu’au niveau des bras, des jambes et des épaules, le tissu sera plus fin. C’est cette spécificité qui a donné naissance à des termes techniques tels que combinaison 5/4 signifiant 5 mm au niveau du cœur et 4 mm au niveau des extrémités.

Choisir en fonction de la température de l’eau

Lorsque la température de l’eau se situe entre 10 et 18°C, ce qui est assez froid, il faut choisir une combinaison étanche de 7 mm, voire plus si vous devez plonger sous la glace et dans des eaux très froides. Dans des conditions extrêmes, opter pour une combinaison en toile trilaminée serait plus judicieux. Cette dernière est dotée d’une sous-couche réglable qui maintient le corps au chaud. Il faut seulement veiller à bien ajuster le lestage pour éviter l’injection d’air.

Lorsque la température de l’eau se situe entre 16 et 24°C ; il faut choisir une épaisseur de néoprène de 5,5 mm.

Lorsque la température de l’eau est supérieure à 24°C, une épaisseur de néoprène de 3 mm suffira, voire d’1 mm lorsque la plongée se fait dans des eaux très chaudes.

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Tenir compte des finitions au niveau des coutures

Les coutures sont plus vulnérables aux infiltrations d’eau ce qui peut renforcer la sensation de froid sous l’eau. Par beau temps ensoleillé, cette fraîcheur ne poserait pas trop de problèmes, mais sous les eaux glaciales, elle n’est pas la bienvenue. Pour l’éviter, optez pour une combinaison avec des coutures cousues collées. On appelle cette finition « blindstitch ».

Pour l’obtenir, les deux bordures sont assemblées à l’aide de colle puis elles sont cousues à l’intérieur. Non seulement, la technique réduit les infiltrations d’eau, mais elle rend aussi le vêtement plus confortable.

Et puisqu’on parle de finitions, il faut aussi prêter attention à l’emplacement de la fermeture. Celle-ci peut se trouver soit devant, soit derrière. Si elle est mal placée, elle peut générer une certaine rigidité. Avant d’acheter, assurez-vous qu’elle soit bien étanche pour éviter les infiltrations d’eau. Si tel est le cas, le froid s’infiltrera directement au niveau du dos ou du torse or ce sont justement les parties du corps qu’il faut bien protéger.

La combinaison suffit-elle pour se protéger du froid ?

La combinaison suffit-elle pour se protéger du froid ?

Maintenant que vous avez trouvé votre combinaison en néoprène de 7 mm, pouvez-vous sauter sans craindre le froid ? Cela dépend de la température. Si les eaux sont glaciales, mieux vaut multiplier les précautions. Comment faire ?

  • N’oubliez pas de recouvrir les extrémités de votre corps : cagoule, gants et bottillons. Optez pour des gants et des bottillons de 6,5 mm d’épaisseur. Aussi puisque les bottillons seront assez épais, il faudra prévoir des palmes réglables.
  • Portez une souris (top) en néoprène sous la combinaison : ce petit haut renforcera l’isolation au niveau du torse et du dos et limitera l’effet du froid dû aux petites infiltrations pouvant se faire au niveau du cou et des zips.
  • Pensez à bien retourner les manchons de votre combinaison pour renforcer l’imperméabilité.
  • Enfilez votre combinaison sous une douche chaude pour que la pellicule d’eau qui s’infiltre sous le néoprène soit chaude dès le départ.
  • Choisissez toujours une combinaison bien ajustée à votre taille. Si elle est trop serrée, vos mouvements seront limités et vous pouvez être essoufflé à force d’être à l’étroit. Si elle est trop large, il y aura beaucoup d’infiltration d’eau et vous risquez d’avoir froid. En somme, la combinaison doit vous coller comme une seconde peau sans gêner vos mouvements. C’est d’ailleurs pourquoi les parties au niveau des articulations sont moins épaisses.

Comment s’assurer de ne pas avoir froid durant la plongée ?

Même si la combinaison et les autres équipements sont les principaux garantis pour ne pas avoir froid durant la plongée, il existe d’autres astuces pour faire en sorte que la plongée se passe bien. Quelles sont-elles ?

  • Planifier la plongée lorsqu’on est en pleine forme : la veille du jour J et au petit-déjeuner du jour J, prenez des repas équilibrés et légers. Privilégiez les sucres lents et hydratez-vous correctement. Si vous êtes fumeur, évitez de fumer dès la veille de la plongée, car le tabagisme ralentit la circulation sanguine au niveau des pieds et des mains. Cela favorise une plus grosse perte de chaleur et la sensation de froid restera présente.
  • Vérifier vos équipements avant chaque plongée : si vous êtes déjà un habitué des eaux glaciales, ne vous mettez jamais à l’eau sans avoir vérifié vos équipements. Prêtez surtout attention aux zones de frottement comme l’entre-jambes, les aisselles… Les usures sont plus vulnérables aux infiltrations d’eau donc vous risquez d’avoir froid.
  • Durant la plongée, il est inutile de bouger les bras pour se réchauffer. Si la technique marche sur terre, sous l’eau, vous allez seulement perdre des calories, vous essouffler et ressentir encore plus le froid. Si la sensation de froid perdure, mieux vaut remonter un peu en surface. Ce n’est pas que les eaux en profondeur sont plus froides, mais plus vous descendez, plus la pression est importante et le néoprène s’écrase et s’affine. Le froid se ressent alors davantage. Voilà pourquoi il faut remonter.

A lire – Les règles d’or d’une plongée sous-marine réussie

Avant chaque plongée, faites une petite réunion avec votre palanquée pour vous mettre d’accord sur les signes à montrer en cas de problème chez l’un des plongeurs. Et une fois sous l’eau, n’ayez pas peur d’avertir les autres, car une fois que vous avez froid, il est impossible de se réchauffer sous l’eau. La seule solution c’est de remonter à bord.

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