Les jeux nautiques des JO 2016 se tiendront dans un coin d’eau nauséabonde

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Les joueurs qui ont choisi les épreuves nautiques lors des jeux olympiques qui commencent aujourd’hui à Rio devront être tout particulièrement courageux pour cette énième édition de l’événement. Et pour cause, l’environnement dans lequel les étapes sportives se tiendront laisse à désirer. Il s’agit de la Baie de Guanabara désignant le débouché des égouts de la ville de Rio. Quelles sont les réactions parmi les responsables et les participants ? Et à quels risques ces derniers sont-ils soumis ?

Des promesses en l’air et hors de l’eau

Voici encore une promesse en l’air que l’Etat de Rio de Janeiro a fait en vue de cette édition 2016 des Jeux Olympiques. Elle concerne l’aménagement de système d’épuration des eaux usées dans toute la ville, hôte de cet événement international afin d’offrir un environnement sain et propre aux joueurs et spectateurs. Mais que de surprises, et pas des bonnes pour les athlètes nautiques des jeux en découvrant l’état alarmant de la Baie de Guanabara, site sur lequel sont prévues se tenir les épreuves nautiques olympiques. Effectivement, ce sont dans ces eaux que se déversent régulièrement toutes les eaux usées de la ville de Rio. Si l’on ne parle que de celles d’origine ménagère, il y a aussi et surtout les déchets biologiques de toute la population environnante.

La situation laisse à désirer pour tous ceux qui devront entrer en contact avec cette eau que le gouvernement brésilien a omis de prendre en charge. Chose curieuse, pourtant puisque l’Etat de Rio s’est vu octroyé quelques 4 milliards de dollars afin de se pencher sur le problème, en vue de pouvoir accueillir tout ce petit monde international dans les meilleurs conditions. Et l’argent a bien été dépensé, aux deux cinquième de son total, mais seulement afin d’approvisionner le pays en bateaux destinés à collecter les objets perdus en pleine mer.

Pour l’heure, seulement trois pompes d’épuration  sur les 85 déjà construites dans la ville sont opérationnelles. Cependant, elles prennent en charge les eaux usées des quelques 12 millions d’habitants qui s’y trouvent. Autant dire que seulement une infime partie de ces déchets est traité.  La majeure partie est directement rejetée dans la mer sans que le gouvernement ne pense à lui faire subir d’éventuels traitements, de quoi alerter également les défenseurs de la nature.

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Des eaux, facteur de risques importants pour la santé

Pour couronner le tout, ce qui n’est pas pour arranger la réputation du Brésil pour plusieurs années à venir, les résultats des analyses effectués par l’Associated Press sur les eaux de la Baie de Guanabara ont démontré une importante toxicité, de l’ordre de 1.7 millions de fois supérieure par rapport au seuil autorisé en Californie. Ce chiffre comporte notamment la présence de plusieurs bactéries néfastes pour l’organisme humain, dont une super-bactérie qui peut devenir mortelle chez des individus aux capacités immunitaires affaiblies.

Ces eaux regorgent également de nombreux virus dangereux dont le rotavirus. Ce dernier cause vomissements et diarrhées importants. En bref, de quoi donner des sueurs froides à nos athlètes.

La décision du CIO

Malgré ces constats pour les moins alarmants, le CIO n’a pas reculé quant à la décision de réaliser les épreuves nautiques sur la Baie de Guanabara. Il déclare que les activités qui s’y passeront n’obligent pas les participants à plonger complètement dans l’eau puisqu’il s’agit essentiellement des épreuves de voile et du windsurfing.

L’organisme conseille cependant à tous les joueurs d’entrer le moins possible en contact avec ces eaux insalubres et pour tous ceux qui y sont obligés, de garder la bouche fermée.

Malgré tout, les joueurs doivent donc se résoudre à y plonger, au risque d’y laisser leur santé. L’on se permet ainsi de se poser des questions, notamment si le Brésil est prête à accueillir l’événement

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